Chronique d’album : “Ceinture noire”, Maître Gims s’impose sur un album tentaculaire (Critique)

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Personne ne pourra échapper au retour de Maître Gims avec “Ceinture noire”. Car sur ce disque monstre, il y en a pour tous les goûts. Le rappeur s’impose comme un chanteur plein d’ambition, toujours armé de tubes populaires.

Maître Gims ne manque pas d’ambition. C’est le constat après plusieurs écoutes de son nouvel album “Ceinture noire”, son troisième disque solo. Fort du carton de “Subliminal” et “Mon coeur avait raison”, le rappeur monte encore d’un cran avec ce projet tentaculaire où il propose pas moins de 40 titres, répartis sur un double album disponible en trois versions différentes. Dégagez-vous donc 2h21 de votre temps pour tout écouter. Indigeste ? Sur le papier oui, dans les faits pas totalement. D’abord, parce que Maître Gims est malin : il multiplie les duos, les thèmes et les styles, passant de la pop au rap aux sonorités latines ou africaines, sans oublier la variété. Car c’est là que réside le principal changement par rapport à ses anciens albums : l’envie et le besoin d’être reconnu comme un artiste complet, sachant faire des tubes certes mais aussi écrire, composer et interpréter des titres dignes de la sacro-sainte chanson française.

40 titres c’est trop, on ne va pas se mentir. Mais le talent et la soif de réussir de Maître Gims sont tels que “Ceinture noire” impressionne, dans la forme comme dans le fond. Calibré pour les charts, le regard tourné vers l’avenir, cet album marquera un tournant dans la carrière de l’artiste.

Des tubes à la pelle

Entouré du petit prodige Renaud Rebillaud, mais aussi de Bugatti Beatz, DJ Assad, SoFly & Nius, Dany Synthé ou Double X, Maître Gims n’oublie pas évidemment de faire des hits.

Sur des productions rutilantes, globalement impeccables, l’artiste parvient à offrir une collection de titres accrocheurs, clé en main pour les radios. Et ça semble tellement facile… Car si les textes ne sont pas toujours aussi soignés, force est de constater que ça sonne bien et qu’il y en a à la pelle !

La variété et l’international en ligne de mire

Après, forcément, sur 40 titres, la recette, parfois facile, donne une impression de déjà entendu comme sur “Skyfall” ou “Bonita”, très “Bella”, tandis que “Mon coeur meurtri” ou “Je t’en veux” manquent de relief. Les fans de rap seront aussi un peu déçus à l’écoute de cet album car le genre est volontairement minoritaire sur “Ceinture noire”. Ils se consoleront avec “La nuit c’est fait pour dormir” feat. Orelsan et H Magnum, “Anakin”, “Ana Fi Dar” ou “Loup garou, duo avec Sofiane, où Gims prouve à ses détracteurs qu’il n’a rien perdu de son flow puissant. Si le rap n’est pas mis en valeur ici, c’est que l’objectif de cet album est ailleurs. Car Maître Gims prouve, au-delà de ses capacités à nous faire danser ou vibrer, qu’il est un interprète hors-pair. Sa voix de ténor est mise en avant comme jamais sur certains titres à part, inspirés par la grande variété française à l’instar de l’intense “T’es partie”, rappelant l’âge d’or des années 80, ou encore “Les roses ont des épines”, piano-voix désarmant où l’artiste fend l’armure.

Ce n’est pas tout ! Comme Maître Gims est visiblement très pressé de nous montrer toute l’étendue de son talent, il installe déjà une autre de ses ambitions en fil rouge sur l’album : percer dans le monde entier et notamment aux Etats-Unis. Ainsi, il chante en anglais sur le crédible “Everything” ou invite Lil Wayne sur une version internationale de “Corazón”. Mais à vouloir prouver trop de choses, l’artiste noie parfois l’auditeur avec ses trop nombreuses ambitions. Quoi qu’il en soit, l’avenir lui sera radieux, sans aucun doute. C’est déjà écrit.

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