Le plus important fonds spéculatif au monde part à l’assaut de l’Europe

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Le fonds spéculatif Bridgewater a vendu 22 milliards de dollars d’actions de grands groupes européens, dont les Français Total et BNP Paribas.

Une démarche qui surprend dans un contexte économique qui semble pourtant favorable en Europe.

Tout va bien pour l’économie européenne ? Ce n’est pas l’avis de l’Américain Bridgewater Associates, le plus important fonds d’investissement spéculatif au monde. Il a misé 22 milliards de dollars (17,7 milliards d’euros) contre des géants économiques français, allemands, italiens, ou encore néerlandais, a révélé la chaîne économique Bloomberg, jeudi 15 février.

Pour mener sa campagne de spéculation, Bridgewater Associates a utilisé un procédé classique : la vente à découvert. Une technique boursière qui consiste à vendre des actions dans l’espoir de pouvoir les racheter à un prix inférieur et empocher un bénéfice au passage. Le fonds spéculatif parie que le cours des actions de ses cibles va chuter.

L’économie mondiale est “à la fin d’un cycle”

En France, Bridgewater Associates, qui gère plus de 160 milliards de dollars d’actifs, cible Total, BNP Paribas ou encore le groupe pharmaceutique Sanofi, contre lesquels il a misé 4,5 milliards de dollars. En Allemagne, ce sont près de la moitié des valeurs du Dax (l’indice boursier de Francfort) qui ont aiguisé l’appétit spéculatif du fonds américain avec un intérêt tout particulier pour le conglomérat Siemens et le géant de la chimie BASF. Il s’est par ailleurs attaqué à deux pépites de l’économie italienne – la société d’électricité Enel et le géant pétrolier ENI –, à Nokia, la plus grande entreprise finlandaise, ou encore à la banque néerlandaise ING.

Depuis la découverte de cette offensive, les analystes se perdent en conjectures pour comprendre cette prise de position. Ray Dalio, l’excentrique patron de Bridgewater Associates, est connu pour décider de ses placements en analysant le contexte macro-économique [les grandes tendances économiques] plutôt qu’en fonction de la santé des entreprises. D’où l’incompréhension : les principaux indicateurs européens sont au vert.

Mais pour lui, le monde est à un tournant. Dans un billet publié sur le réseau social professionnel LinkedIn le 12 février, il a expliqué que l’économie mondiale est arrivée “à la fin d’un cycle”, caractérisé par une croissance solide et des bonnes performances boursières. Les marchés financiers devraient dorénavant commencer à chuter, d’après ses conclusions.

Et l’Europe était déjà dans le radar de Bridgewater Associates depuis l’an dernier. “Dans une note, le fonds affirmait que la montée des populismes risquait d’avoir un impact négatif sur l’économie européenne”, rappelle Pascal de Lima, économiste en chef au cabinet de conseil Harwell Management.

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